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Voici une critique de l'album Back Holes And Revelations tirée du magasine Telerama.
Il est facile de détester Muse. De ne voir dans ce power trio britannique à succès qu'un monument de prétention, un ersatz anachronique de ces formations mégalos du rock progressif des années 70. Un Rush moderne, en quelque sorte. Et si, justement, c'est cette touchante arrogance qui sauve Matt Bellamy et ses deux acolytes sans complexes du ridicule ? Car, pour peu que l'on se prête au jeu, ce quatrième album de Muse a quelque chose de fascinant.
Imaginez U2 ou Depeche Mode, oubliant subitement leur souci constant de soigner leur crédibilité, qui assumeraient pleinement l'inspiration profonde de leur stadium rock héroïque : vous obtenez Black Holes and Revelations, album new wave emphatique et virtuose aux guitares carillonnantes et aux synthés tapageurs, télescopage improbable de Radiohead et de Queen ! Ajoutez des textes savoureusement alarmistes où il n'est question que de fin du monde et d'invasions extraterrestres, et l'on ne peut s'empêcher de tomber sous le charme des ces grands gamins un peu naïfs mais visiblement sincères. Autrement dit, tout le contraire du trop roublard Placebo.
PS : J'adore leur derniere phrase lol
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